Un école dans un lieu de mémoire

Un école dans un lieu de mémoire


Le théâtre au bagne

À Saint-Jean du Maroni au camp de la relégation, les bagnards eurent leur théâtre.
Le « répertoire » des forçats allait de préférence à des œuvres telles que « La tour de Nesle » et les aventures de Marguerite de Bourgogne.

…Des bancs, une Marguerite de Bourgogne rasée de près à la gueule de fripouille et tatouée aux deux bras, elle chique ! Rien que des hommes.

Eugène Dieudonné, la vie des forçats

 


C’est en 2003 que la Compagnie KS and CO s’installe dans les murs du Camp de la Transportation, après une résidence qui leur révèle tout le potentiel de ce territoire.
En 2012 le projet de professionnalisation artistique d’excellence au travers d’une école adossée à un théâtre, imaginé par Ewlyne Guillaume et Serge Abatucci, trouve rapidement un écho et un soutien fort.


Camp de la Transportation - Case restaurée - © Mickael Berteloot, 2012

Camp de la Transportation – Case restaurée – © Mickael Berteloot, 2012


 
Camp de la Transportation après restauration - © Philippe Ferrant, 2012

Camp de la Transportation après restauration – © Philippe Ferrant, 2012


Plan du camp de la TransportationLOCAUX DE LA COMPAGNIE KS AND CO

  1. L’ÉCOLE
  2. UN PEU D’HISTOIRE

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Saint-Laurent du Maroni, peuplé d’habitants aux origines multiculturelles, est situé à l’ouest de la Guyane, au bord du fleuve Maroni qui est la frontière naturelle entre la France et le Surinam.
Localisée à trente kilomètres de l’embouchure de l’océan Atlantique, elle s’étend sur près de 4000 km². L’originalité de Saint-Laurent du Maroni est d’être une ville de fleuve adossée à un immense territoire forestier.
La ville est célèbre dans beaucoup de mémoires pour être devenue l’implantation principale du bagne en 1880, lorsqu’elle devient commune pénitentiaire par décret, plus de vingt ans après sa fondation en 1857-1858.
Au début du 19e siècle, les nombreuses tentatives de colonisation de la Guyane avaient échouées et les bagnes, implantés entre autres, à Cayenne et Sinnamary dans un objectif de réhabilitation par le travail n’avaient permis, en réalité, aucune croissance économique. Vers 1850, afin de développer la colonie, le gouvernement français réorganisera le système de condamnation aux travaux forcés en le renforçant par le principe du « doublage de peine ». C’est-à-dire l’obligation pour les condamnés en fin de peine de rester sur place durant un temps identique à celui de sa condamnation.
Dans le même temps, étaient décidés la répartition et l’implantation sur l’ensemble du territoire de nouveaux camps de bagne.
En 1850, le commandant MELINON pour le Nord-Ouest de la Guyane, retiendra le site dénommé KAMALAGULI, village d’Amérindiens frontalier entre les Guyanes Française et Hollandaise.
Site d’autant plus propice aux futures activités économiques de la colonie que la capacité du fleuve permettait la création d’un port en eaux profondes.
Administrée par la Marine, la cité connaîtra une expansion rapide puisqu’elle comptera plus de 2000 habitants en 1880. L’extension territoriale, la présence de civils de plus en plus nombreux imposera la transformation de cette cité administrative en commune le 21 février 1858, et Saint-Laurent du Maroni tirera son nom à partir du patronyme du Contre-Amiral Laurent BAUDIN, gouverneur de la Guyane, accolé au nom du fleuve bordant la cité.
cours interieure - bagne-saint-laurent-du-maroni-3Bien que les principes des travaux forcés et du doublage de peine aient rapidement montré leurs limites dans le développement économique, la déportation de bagnards sur le territoire de la Guyane continuera jusqu’en 1938. La dénonciation implacable par Albert LONDRES des horreurs du bagne, puis l’activité humanitaire incessante, en faveur d’un adoucissement du traitement des condamnés menées depuis 1933 par l’Armée du Salut, soulèvent l’opinion internationale.
Aussi en 1946, le gouvernement français prendra la décision de fermer définitivement les bagnes de Guyane, d’ériger Saint-Laurent du Maroni e commune de plein droit le 09 novembre 1949 et de rapatrier les condamnés vers la Métropole. Le dernier convoi quittera la Guyane en 1953.
La page du bagne sera définitivement tournée pour Saint-Laurent du Maroni, dont la beauté et l’originalité des bâtiments construits sous l’administration pénitentiaire et par les bagnards auront valu à la commune de surnom de « Petit Paris ».
La réputation douloureuse du bagne ternissant son image vaudra à la commune une mise en sommeil malheureuse pendant de nombreuses années.
Il faudra attendre 1982, pour que, sous l’impulsion d’une nouvelle équipe municipale dynamique et attachée à la renaissance de la commune, Saint-Laurent du Maroni retrouve sa vitalité et son surnom.
Entre 1852 et 1953, environ 70 000 condamnés, répartis en quatre catégories seront passés dans les différents camps implantés sur le territoire de Saint-Laurent du Maroni :
Les DÉPORTÉS, prisonniers politiques,
Les TRANSPORTÉS, prisonniers de droit commun,
Les RELEGUÉS, prisonniers récidivistes,
Les LIBÉRÉS, prisonniers exécutant leur temps de doublage.

entrée -bagne-saint-laurent-du-maroni-2Pourtant, l’histoire de la commune de Saint-Laurent du Maroni ne remonte pas au temps du bagne, ni même à celui de la colonisation. Les premières occupations, attestées par des recherches archéologiques, remontent à 7000 ans et les sites archéologiques précolombiens, comme les roches gravées ou les champs surélevés, marquent le paysage.

Pendant près d'un siècle, le bagne de Guyane a cherché sa voie entre les contraintes barbares et les nobles aspirations des théoritiens de la substitution des peines. Il en reste des ruines empreintes d'une charge émotive que les pluies tropicales et la végétation luxuriante ne peuvent effacer… Des témoignages, des noms gravées dans la pierre, permettent de mieux situer cette période.

Entièrement acheté par la commune de St Laurent du maroni et nettoyé par l'armée en 1990, l'ensemble a retrouvé sa composition.
La totalité du Camp de la Transportation a été classée Monument Historique en 1994.

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